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Odette Joyeux, Le Trésor des Hollandais

TABLE [des matières]


LE VRAI ET LE FAUX
ou quand le trésor des Hollandais se confond avec celui de Coppélia.

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Bicou va s'endormir sans résoudre les énigmes qu'il se pose. Il a raison d'être intrigué ; il devine un événement grave et mystérieux… Le petit garçon est déjà plongé, sans qu'il s'en rende compte, dans une aventure extraordinaire.

En effet, Moralès, Lulu et Kodo font partie du gang international qui a réussi "le hold-up du siècle", comme disent les journalistes. Ce hold-up qui passionne tant M. Berger ! La police a raison, le "trésor des Hollandais" est bien en France. Mais elle ne sait pas encore qu'il est en transit… qu'il ne fait que passer. Destination l'Amérique, le Canada, Montréal, comme le corps de ballet de l'Opéra.

L'idée est simple; mais il fallait y penser ! Les bandits ont imaginé de se servir de la tournée de l'Opéra pour transmettre le trésor à leurs complices canadiens. Il suffit de reproduire les bijoux de scène de Coppélia, en insérant dans des montures identiques les "pierres" volées; c'est Kodo, joaillier de son métier, qui s'est chargé de ce travail. Les copies doivent être ensuite introduites parmi les accessoires de l'Opéra; ainsi, elles pourront aisément franchir douanes et polices et arriver en Amérique. Là-bas. il ne restera plus qu'à les reprendre.

Mais on n'entre pas dans l'Opéra comme dans un moulin, et c'est pourquoi Moralès a engagé Stéphane. Il a donné de nouvelles chances au malheureux danseur. Stéphane, ébloui, a pu croire que Moralès était l'envoyé de la Providence. Il a juré de se dévouer à lui en toutes circonstances.

Toutes circonstances !

Plein d'illusions, Stéphane se trouve acoquiné à des bandits. Il est pris dans un piège. D'un côté, son métier, son avenir, le succès qu'il remporte à l'Oiseau de Feu lui redonne le courage de vivre. Le revers de la médaille est affreux. On se sert de lui, on le compromet.

Jacinthe et Bicou ont bien raison d'être intrigués, Coppélia n'est pas tombée toute seule. Si Bicou a eu la mauvaise surprise de voir apparaître son frère dans les cintres, c'est parce que, menacé par Lulu, Stéphane venait faire l'échange des bijoux que portait Coppélia. Surpris au moment où il la dépouillait, Stéphane a précipité le mannequin dans le vide pour faire diversion et pour protéger sa fuite. De même, le coffret n'a pas été vidé par enchantement !

Pendant que Bicou s'endort, Stéphane repart avec Lulu, en direction de l'Opéra. La ville dort encore, l'énorme masse de l'édifice se dessine dans la nuit.

Lulu gare la voiture en face des Galeries Lafayette. Le théâtre, derrière ses hautes grilles fermées, apparaît comme une citadelle imprenable. Tout est clos, bouclé, verrouillé. Le seul accès, celui du poste de secours, est évidemment gardé.

Lulu est moins sûr de lui. Stéphane lui indique les échafaudages qui cloisonnent une partie du théâtre. Il faut entrer par là. Lulu regarde. Il va falloir monter ainsi jusqu'à la coupole ! Un vrai travail d'acrobate, "de monte-en-l'air", précise Stéphane, assez satisfait de sentir l'inquiétude gagner son compagnon.

Stéphane commence à grimper. Il se hisse avec aisance. Lulu, maladroit, le suit tant bien que mal. Le danseur va plus vite ; l'autre s'essouffle. Il voudrait respirer. Il prend peur et, comme il jette un regard derrière lui, le vertige le saisit. Impitoyable à son tour, Stéphane l'invite à le suivre, plus haut, plus vite. Ils finissent par atteindre une corniche. Mais ce n'est pas fini.

Lulu, un peu rassuré, considère l'extraordinaire décor que forment les coupoles et les toitures.

Ils s'aventurent sur les toits et passent au-dessus d'une verrière brillamment éclairée de l'intérieur. Sous les vitres, on découvre le magasin où l'équipe de nuit travaille à la remise en état de Coppélia. Fascinés, Stéphane et Lulu regardent.

La tête du mannequin a été dévissée. Avec précaution un spécialiste réajuste dans les orbites vides des yeux d'émail. Un autre ressoude et huile les articulations. Sur un crâne de gaze amidonnée, le perruquier rajoute un à un des cheveux qui brillent comme des fils d'or, et un accessoiriste reconstitue le diadème brisé.

Enfin, Stéphane a trouvé un passage par l'une des fenêtres situées sous la grande coupole. Les couloirs, les réserves, les classes forment un inextricable dédale. Pourtant Stéphane semble là comme chez lui et il cherche à gagner le magasin des accessoires.

Bientôt, un nouveau danger les menace, le labyrinthe résonne. C'est la ronde incessante des services de sécurité. Un pompier circule, une torche électrique à la main. Il vérifie la fermeture des portes, les postes d'appel. Stéphane et Lulu fuient, se réfugient dans la loge d'Olympe.

Un bruit de pas résonne dans le couloir. Stéphane éteint la lampe; il écoute. Le pompier poursuit sa ronde. Les deux hommes s'aperçoivent qu'ils ont laissé la clef sur la porte de la loge. Si le pompier la remarque, ils sont perdus…

Après avoir dit à Lulu d'éteindre sa cigarette, Stéphane prend le sac et, par la fenêtre, se glisse à l'extérieur en s'agrippant aux échafaudages. Lulu veut en faire autant ! Mais il recule, horrifié. Le vide lui fait peur. Pris au piège, il se cache derrière le rideau de douche.

A l'extérieur de la loge, le pompier a vu la clef. Il entre, jette un regard circulaire. L'odeur du tabac attire son attention. A la lueur de sa torche, il découvre, sur le guéridon, la cigarette encore tiède. Il réfléchit : dans la loge rien de suspect. Il va repartir, mais le courant d'air fait battre la fenêtre. Intrigué, effleuré d'un soupçon, il s'en approche et regarde. Il se penche… A proximité, il découvre une silhouette qui semble accrochée sur le vide.

Avant qu'il ne puisse appeler ou faire un geste, Lulu a bondi derrière lui, arrachant dans son élan le rideau de la douche. Il s'abat sur le pompier, l'enveloppe, le fait tomber à terre. Etouffé, aveuglé, l'homme se défend avec vigueur. Il a entraîné l'agresseur dans sa chute. Lulu a du mal à se dégager, et cette fois, à bout de souffle, il sort son revolver…

"Non, pas ça !" crie Stéphane qui repasse la fenêtre. Son intervention arrête le gangster qui se contente d'assener un violent coup de crosse sur la tête du pompier. Puis, Lulu s'applique à le ligoter et le dissimule dans le cabinet de toilette.

Les conséquences de l'aventure apparaissent à Stéphane sous leur jour véritable. Il y a eu agression, et Lulu est armé. La mort dans l'âme, Stéphane se voit contraint d'aller jusqu'au bout de sa mission, il ne peut plus reculer car Lulu devient menaçant. Stéphane est obligé de le conduire au plus vite vers le magasin des accessoires.

Les réparateurs ont terminé leur travail. L'atelier est désert. Coppélia a retrouvé sa belle apparence, elle ressemble à un personnage fantastique et mystérieux. Ils vont enfin pouvoir opérer tranquillement. D'abord, ils échangent colliers, bracelets, bagues, et diadème sur Coppélia. Ensuite, ils retrouvent le coffret vide et le remplissent avec le reste des joyaux.

Dans le sac, il ne reste plus que les bijoux du théâtre, le "trésor de Coppélia", un trésor sans valeur, tout juste bon à faire illusion.

Pendant leur travail, le transistor oublié par l'équipe diffuse les premières informations :

Disparu entre Amsterdam et Londres, et recherché par toutes les polices, le fameux trésor des Hollandais est certainement en France. On a découvert, abandonné, un camion de transport de tulipes qui a servi au passage des trafiquants. Les malheureux camionneurs, ficelés, bâillonnés, gisaient sous des centaines de fleurs!

Stéphane et Lulu ne cherchent pas à entendre ce qu'ils savent mieux que personne : ils fuient dans le dédale des couloirs.

Cependant, les pompiers recherchent leur camarade disparu. Ils fouillent le théâtre, l'appellent. Leurs voix retentissent, semblent poursuivre les coupables qui fuient par les coulisses. Ils traversent l'énorme salle qui dort ensevelie sous des housses. Ils se faufilent dans les escaliers d'honneur.

Lulu s'énerve. Ce diable de théâtre est un véritable traquenard avec ses grilles hermétiquement closes. Est-ce qu'ils ne pourraient pas fuir par les souterrains à la nage ? Il paraît qu'il y a un fleuve là-dessous ?

Mais Stéphane sait que la seule issue maintenant est la porte, celle de la cour ; elle s'ouvre à huit heures. Il faut attendre et profiter d'un moment favorable pour s'échapper sans être vus.

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Feuillette la suite du Trésor des Hollandais !

Aurélie Dauvin © En ré Créations.

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