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Odette Joyeux, Le Trésor des Hollandais

TABLE [des matières]


LA CHASSE AU TRÉSOR
ou
quand un petit bijoutier rencontre un gros diamant
quand une étoile déclare la guerre aux gansters
et quand le commissaire Boudot tend un piège.

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Berger a quitté le cours, parce que la bague merveilleuse l'intrigue au plus haut point et il veut en éclaircir la mystérieuse provenance.

Sans hésiter, il est allé à l'Opéra et il a révélé à Dumontier que ce diamant est une pierre d'une exceptionnelle valeur. L'accessoiriste confirme les dires de Bicou :

"Mais oui, ils m'ont rapporté le collier. Alors, vous comprenez, je leur ai donné la bague."

Tout en parlant, l'accessoiriste a désigné la corbeille où traînait le collier. M. Berger, d'un regard professionnel, a jugé immédiatement de l'éclat des pierres. Il a pris le collier à deux mains, il l'a fait miroiter. Jamais de son existence de petit bijoutier, il n'a touché pareille merveille !

Dumontier et l'accessoiriste n'en croyaient ni leurs yeux, ni leurs oreilles, mais M. Berger était formel : il avait reçu des fiches signalétiques précisant la nature et la valeur des pierres dérobées aux Hollandais, comme tous les bijoutiers en reçoivent de la police lorsqu'il se commet un vol important, afin qu'ils puissent collaborer avec elle. Il était même capable de citer le nom de chaque pierre, sa taille, son origine et sa valeur.

Il fallait donc alerter d'urgence la police et plus spécialement le commissaire Boudot qui était chargé de l'enquête sur le trésor des Hollandais. Très excité, Dumontier s'était précipité au téléphone. Il y avait mystère à l'Opéra : un pompier assommé, une fortune dans les coulisses, et des accessoires qui, par un curieux hasard, n'étaient pas partis, sans parler de Coppélia qui avait été deux fois accidentée. Une suite d'événements bizarres : on était peut-être sur une piste. A vous de jouer, monsieur le commissaire.

On s'en doute, le commissaire n'avait pas tardé. Peu après, il réunissait autour de lui tout un état-major au magasin des accessoires : deux inspecteurs, Dumontier, l'accessoiriste, M. Berger, deux nouveaux personnages de première importance : les frères van der Muth, Oscar et Grégoire van der Muth, joailliers hollandais de renommée internationale et malheureuses victimes du hold-up. Comme M. Berger tout à l'heure, ils examinaient chaque pierre. Ils poussaient des soupirs de satisfaction. Ils étaient formels : on venait de retrouver une partie de leur trésor, mais où était le reste ? Ils avaient bien leur idée : on devait se trouver devant une affaire de substitution, l'essentiel des joyaux devait être… au Canada, parmi les accessoires de l'Opéra. Sans plus attendre, Grégoire van der Muth décidait de sauter dans le premier avion pour Montréal. Sur place, il pourrait participer aux recherches de la police canadienne immédiatement alertée par télex. Quant à son frère Oscar, il restait à Paris pour aider le commissaire Boudot. Les deux diamantaires avaient repris espoir. Grégoire van der Muth avait la certitude de récupérer leur trésor, et il bouillait d'impatience.

Mais, à Montréal, il y avait quelqu'un d'aussi impatient que M. Grégoire van der Muth. Quelqu'un qui, comme lui, était pressé de récupérer les joyaux : Black Jack, le complice canadien de Moralès. Il avait assisté, en compagnie de ses deux acolytes, Diego et Power, à l'arrivée de l'avion amenant le corps de ballet.

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Ayant vu Olympe passer la douane et le poste de police, le coffret plein de bijoux dans les bras, ils avaient admiré son sang-froid et ils en avaient déduit qu'elle était complice.

"Cette fille est très forte ! Passer ainsi le trésor au nez et à la barbe des douaniers, chapeau !"

A l'hôtel, c'est le plus naturellement du monde que le bandit s'était présenté à la jeune fille en lui réclamant les bijoux, sans se douter qu'ainsi il lui révélait leur machination et, par la même occasion, la participation de Stéphane.

Olympe avait été atterrée par la révélation, mais elle connaissait Stéphane ; il ne pouvait avoir agi que par entraînement ou par contrainte. Elle comprenait qu'elle-même risquait d'être compromise puisqu'elle avait passé les pierres à son insu. Le plus simple serait d'aller dire la vérité à la police, mais en dénonçant les gangsters, elle dénoncerait aussi Stéphane, et à cela, elle ne pouvait se résoudre. Avant tout la jeune fille décidait de sauver son ami et de l'innocenter.

Pendant ce temps, Diego avait accueilli Stéphane. Aussitôt, il avait prévenu Black Jack :

"O.K., chef. Berger est bien arrivé. Il va aller déposer la verroterie au théâtre ; je ne le lâche pas et je le tiens à l'œil."

Dans ces conditions, plus question pour Black Jack de ménager Olympe ! Il exige qu'elle lui remette sur-le-champ les vrais bijoux. Inutile de les apporter au théâtre puisque les accessoires vont y être replacés. La jeune fille essaie de résister, mais Black Jack est inflexible. Stéphane est chargé d'une mission : qu'il aille jusqu'au bout. Quant à elle, si elle ne lui rend pas immédiatement le coffret qui contient le trésor, qu'elle prenne garde… non seulement pour elle mais aussi pour Stéphane !

Alors, Olympe feint de céder. Elle va obéir… Soit, Black Jack est le plus fort ! En apparence tout au moins. Elle n'a pas dit son dernier mot et le courage ne lui manque pas. Risquant le tout pour le tout, elle réussit à tromper pendant un bref instant la surveillance de Black Jack. Elle en profite pour quitter l'hôtel, en serrant contre elle le coffret au trésor qu'elle a dissimulé dans un châle.

La jeune fille a son plan, elle le mènera jusqu'au bout, avec l'énergie du désespoir. Elle va se réfugier au théâtre où elle est sûre de retrouver Selva et Stéphane, puis elle cherchera à entrer en contact avec Oscar van der Muth car, en définitive, c'est de lui qu'elle espère le salut.

Black Jack peut l'attendre dans le hall de l'hôtel. Elle est déjà loin, Olympe. Tout essoufflée, elle arrive au théâtre. Power est là, aux aguets, suivant les ordres. Il la voit arriver et prévient Black Jack aussitôt.

Dans sa loge, Olympe a rejoint Stéphane et Jean-Claude Selva qui sont en pleine discussion. Devant le danger qu'il fait courir à ses amis, Stéphane ne voit plus qu'une solution": se livrer à la police… Olympe réagit violemment, approuvée par Selva :

"Ça, jamais !"

Il faut gagner du temps, faire face aux gangsters sans leur remettre les pierres volées. Mais si la police trouve les bijoux entre leurs mains, les trois amis risquent d'être inculpés pour complicité ! La police, la voilà… Deux inspecteurs demandent à parler au maître de ballet.

Pas un instant à perdre. Jean-Claude a une idée lumineuse : que Coppélia serve à quelque chose : c'est elle qui va receler le trésor. En deux temps, trois mouvements, il lui dévisse le cou, verse le contenu du coffret dans le corps et revisse la tête, bien serrée. Les bijoux de pacotille sont prestement remis dans le coffret… et le sac noir est abandonné dans un coin.

Les policiers peuvent venir, ils ne trouveront rien de compromettant. Les gangsters rôdent autour du théâtre, mais avec pareille cachette, ils ne reprendront pas le butin.

Reprendre le butin, c'est aussi ce que Moralès et Lulu voudraient bien faire à Paris. Le butin, où est-il ?

Toujours à l'Opéra, soigneusement remis en place parmi les faux bijoux, par les soins du commissaire Boudot.

Que les frères van der Muth se rassurent, leur trésor sera surveillé nuit et jour, car il n'est pas possible que des malfaiteurs laissent traîner des pièces à conviction comme celles-là !

Selon toute probabilité, les gangsters vont essayer par tous les moyens de les reprendre. Il faut que chacun agisse avec le maximum de précaution car les deux enfants, qui sont les principaux témoins, doivent être soigneusement protégés.

Le commissaire Boudot tend un piège. Le magasin des accessoires, rempli d'objets hétéroclites : animaux fabuleux, ornements, gibets, hallebardes, casques, trônes royaux, ou chaînes de prisonniers, fleurs et couronnes, armures, se prête parfaitement à son dispositif. Il décide alors d'aller interroger, sans plus attendre, ce petit Bicou Berger qui peut devenir dans l'affaire son auxiliaire le plus précieux.


Feuillette la suite du Trésor des Hollandais !

Aurélie Dauvin © En ré Créations.

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