La Danse en Ré Créations - Arabesques - Divertissements

Odette Joyeux, Le Trésor des Hollandais

TABLE [des matières]


JOURNAL DE BICOU
V

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Un commissaire qui est bon prince

L'examen a eu lieu, et le commissaire Boudot y a assisté, ce qui prouve combien il est un personnage important, car pour l'examen de l'école de danse aucun profane n'est jamais admis. Il ne cessait de m'encourager, de me rassurer et de me témoigner de l'amitié. J'avais revêtu ma tenue de gala : collant de soie noire et une belle chemise blanche. Quant à Jacinthe, elle était vraiment mignonne avec son beau tutu et ses cheveux bien tirés maintenus par une couronne.

Il y a eu la présentation générale. Le défilé. Et enfin, j'ai dansé, comme si je planais. Je me sentais des ailes, je volais comme l'Oiseau, l'Oiseau qui symbolise le ballet de mon frère. Je me sentais délivré, c'était ma revanche sur tous les tracas que j'avais subis, sur toutes les inquiétudes que j'avais étouffées, c'était ma façon de surmonter les difficultés de l'examen et les épreuves qui l'avaient précédé.

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Quand le résultat a été affiché, je me suis précipité comme tous les autres vers le tableau de service. Quelle foule ! Quelle bousculade ! Les parents, les enfants, les amis… Papa était là, bien sûr, avec mon nouveau supporter, le commissaire Boudot. Avant que j'aie pu m'approcher pour lire le classement de ma division, j'ai appris la merveille : j'étais le premier… J'en ai pleuré de joie. Tout le monde me félicitait. Jacinthe était fière de moi. Elle, elle était deuxième de sa division, ce qui est formidable aussi.

Le commissaire m'a demandé si j'étais heureux et si je n'avais rien d'autre à souhaiter. Alors, étant donné sa gentillesse, je me suis enhardi et je lui ai dit que je serais tout à fait heureux si je pouvais prévenir mon frère.

"Tu mérites d'être exaucé, répondit le commissaire. Viens avec moi."

Je l'ai suivi à la Régie. Papa et Jacinthe suivaient aussi. Le commissaire a demandé en priorité la communication pour Montréal, avec avis d'appel pour Stéphane Berger. Cela n'a pas été long. Même pas le temps de reposer l'écouteur. Mon cœur battait. J'observais le commissaire, il a dit :

"Allô ! Stéphane Berger ? Ici le commissaire Boudot. Il y a du nouveau. Quelqu'un va vous parler. Vous serez content."

Il m'a tendu le récepteur, ma voix tremblotait, mes jambes aussi.

"Allô ! allô ! Stéphane… C'est Bicou. Ecoute. Tout va bien. Je suis premier."

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FIN

chapitre !

Aurélie Dauvin © En ré Créations.

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