La Danse en Ré Créations - Rencontre avec Sophia Parcen

En ré Créations avec Sophia Parcen qui rendit hommage, par la danse, à Marie Taglioni pour le bicentenaire de sa naissance.

Marie l'a rencontrée au salut d'avril, deux-cent-dix ans tout juste après la naissance de la ballerine - le 23 avril 1804 - qui esquissait une dernière révérence avant que le jour soit levé sur son quatre-vingtième anniversaire, le 22 avril 1884.
De l'histoire aux légendes, la danseuse du Corps de Ballet de l’Opéra de Paris se recueille aux miroirs de quelques recueils.

Révérence en couronne
Sophia Parcen salue la mémoire de Marie Taglioni - avril 2004

Marie : Bonjour Sophia !
Vous êtes danseuse dans le Corps du Ballet de l’Opéra de Paris. Qu’est-ce qu’une Etoile ?

Sophia Parcen : L'Etoile se trouve tout en haut sur l'échelon hiérarchique de la compagnie.

L’Etoile, c'est un soliste - homme ou femme - avec un titre de plus haute valeur.

Marie : Dans l’Histoire de la Danse, Odette Joyeux, dans son beau livre Le Monde Merveilleux de La Danse, évoque comme première des "Danseuses inspirées", Marie Taglioni.
Elle est née au matin du XIXème siècle… Alors, il n’y a pas eu de grandes danseuses avant elle ?

Sophia Parcen : Oh si, il y eut plusieurs grandes danseuses - et grands danseurs - au XVIIIème siècle, par exemple [La] Camargo, danseuse rapide et virtuose.

Le langage du ballet s'est même enrichi de plus en plus de pas de danse dans cette période.

Marie : Le ballet Classique est né avec le Romantisme alors ?

Sophia Parcen : C'est en Russie à la fin du XIXème siècle que le ballet romantique comme genre évolue vers une grande perfection : le ballet classique…

Mais les sources remontent plus loin. Au XVIIème siècle Louis XIV fonde la première académie de danse. On structure la technique et l'enseignement du ballet académique. Ceci aidera le ballet à devenir un art professionnel plus tard.

Au fil des époques le ballet est reconnu comme un art complexe. Il raconte une histoire, exprime des sentiments. Dans les ballets romantiques la pure danse a une grande importance.

Les thèmes de ces ballets viennent des légendes, romances, contes populaires. Les danses nationales-folkloriques entrent dans le ballet. Le langage du ballet devient un langage poétique riche en éléments virtuoses grâce à la technique de la pointe aussi…

Chaussons de pointes
Les chaussons de pointes au XIXème siècle…

Marie : Les pointes… Mais, c’est une légende cette histoire que Marie Taglioni fut la première danseuse à monter sur les pointes !

Sophia Parcen : Bien qu'il y ait eu d'autres danseuses qui avaient déjà expérimenté les pointes avant Marie Taglioni, c'est elle qui a élevé la technique de la pointe à un certain niveau.

Elle était très légère dans sa danse - malgré sa grande endurance -, et les pointes l'ont rendue encore plus aérienne.

On a écrit d’elle, qu'elle incarnait presque la lueur de la Lune tant elle était à l'aise sur ses pointes et touchait à peine le sol.

Marie : Il y a aussi la légende du tombeau de Marie Taglioni… Il paraît qu’il en existe deux…

Tombeau
Le tombeau où repose la mère de Marie Taglioni, au cimetière de Montmartre

Sophia Parcen : Le tombeau au cimetière Montmartre est celui de sa mère. Marie Taglioni repose au cimetière du Père Lachaise.

Tombeau
Le tombeau où repose Marie Taglioni au cimetière du Père Lachaise

Elle, danseuse célébrée et admirée, est morte dans la solitude, l'oublie et la pauvreté à quatre-vingt ans.

Marie : Marie Taglioni, ce fut La Sylphide

Sophia Parcen : La création de La Sylphide date de 1832.

La Sylphide, qui donne son titre au ballet, est une créature imaginaire avec beaucoup de grâce.

Interprète
Maria Taglioni, La Sylphide - 1832
Lithographie par Janet-Lange, publiée par Aubert & C.ie

Marie Taglioni est devenue immortelle grâce à ce ballet, ainsi que son père, le chorégraphe, Filippo Taglioni.

La Sylphide est l'un des ballets les plus réussis du XIXème siècle. C'est le premier "ballet blanc" dans lequel et la soliste et le corps de ballet portent le tutu romantique aussi.

Tutu romantique
Le tutu romantique [de] La Sylphide…

Marie : Ah, ce beau costume de La Sylphide, c’est aussi quelque chose de nouveau qu’a apporté Marie Taglioni ?

Sophia Parcen : Oui, ce tutu romantique, c’est une sorte de longue jupe blanche vaporeuse…

Ce n'est plus quelque chose de rigide comme les costumes auparavant ; le tutu long d'une matière légère, en effet, suit bien les mouvements des danseuses, il s'envole presque autour d’elle.


Sophia Parcen, danseuse à l'Opéra National de Paris
chorégraphie et interprète un Hommage à Marie Taglioni
- Elle répète, en costume et maquillée, dans un studio, à l'Opéra Garnier
Musique : Gabriel Fauré, Pavane
- Représenté à l'Institut Culturel Italien, à Paris, en septembre 2004

Marie : C’est une espèce de tutu romantique que vous portez dans l’hommage à Marie Taglioni que vous avez chorégraphié et dansé.
A quelle occasion avez-vous interprétée cette petite pièce chorégraphique ?

Sophia Parcen : C'était à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Marie Taglioni à l'Institue Culturel d'Italie, à Paris, à l’automne 2004…

Quelqu'un qui s’occupait de l’organisation de la conférence m'a demandé de lui rendre hommage par la danse.

Marie : Comment avez-vous choisi la musique ? - Elle est jolie ! Qui l’a composée ?

Sophia Parcen : J'ai dansé sur les airs de Gabriel Fauré, compositeur français, né quarante-et-un ans après Marie Taglioni.

Sa mélodie m'a saisie par sa douceur… cette sensibilité !

Marie : Et les pas, comment les avez-vous arrangés ?
Les pieds, les ports de bras… Qu’est-ce qui représente Marie Taglioni ?

Sophia Parcen : La circonstance, le lieu, ce n’était pas une représentation à l’Opéra… Bien-entendu, on était loin d'avoir les conditions d'une vraie scène de danse, ce qui est naturel.

J'ai été donc assez limitée par l'espace, le sol était rigide et pouvait glisser.

Alors j'ai beaucoup utilisé mes bras - Marie Taglioni portait très joliment ses bras sans force -, et je me déplaçais sur le bout de mes pointes.

Marie : Grand merci, chère Sophia, pour ces jolies histoires de la danse et cette gracieuse révérence à une ballerine légendaire.

Voici, pour vous, une rose épanouie qui porte le nom d'une danseuse du XIXème siècle aussi : le rosiériste Vibert, qui l'a fait naître, l'a baptisée "Fanny Bias" !

Une rose épanouie
Une rose "corolle" [pour] Fanny Bias
- Créée par le rosiériste Vibert au XIXème siècle

Aurélie Dauvin © En ré Créations.

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