La Danse en Ré Créations - Rencontre avec Lydie Vareilhes

En ré Créations avec une danseuse sujet du Ballet de l’Opéra de Paris, sur les pas de son père, qui fut aussi Sujet à l'Opéra - sa mère y dansait elle aussi -.

Marie a rencontrée Lydie Vareilhes. Elle évoque sa jeune carrière et les traditions du prestigieux Ballet de l'Opéra de Paris.

Variation
Lydie Vareilhes - Concours du Ballet de l'Opéra National de Paris
(Photographie : Sébastien Mathé)

Marie : Bonjour Mademoiselle Vareilhes !
Voulez-vous vous présenter ?

Lydie Vareilhes : J'ai 26 ans, j'habite à Paris, et suis danseuse à l'Opéra National de Paris.

Je suis passionnée par mon métier, mais j'ai aussi une grande curiosité pour les autres arts, en particulier le théâtre et la littérature.

Marie : Vos parents étaient danseurs à l'Opéra de Paris ! Comme ils doivent être fiers que vous suiviez leur chemin !
Ça n'a pas été un poids trop lourd ?

Lydie Vareilhes : Ça a été difficile étant petite car j’étais gênée par rapport à mes camarades que mes professeurs connaissent mes parents, mais finalement je n’ai jamais eu de traitement de faveur par rapport aux autres élèves, et ces derniers ne m’ont jamais fait de reproches.

Marie : Mais ce ne sont pas vos parents qui vous ont fait entrer dans le Corps de Ballet de l'Opéra… Ils vous ont emmenée à l'école…
Quand avez-vous commencé la danse ?

Lydie Vareilhes : J’ai commencé à 8 ans dans l’école de danse de ma mère.

Par Nans Pierson
Lydie Vareilhes
(Photographie : Nans Pierson)

Marie : Vous avez été admise à l'Ecole de Danse de l'Opéra ?

Lydie Vareilhes : Je suis rentrée à 9 ans à l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris, au petit stage, puis j’y ai fait toutes mes divisions.

Marie : Et vous avez dû travailler comme les autres élèves parce que, bien sûr, le talent est un don qu'on reçoit un peu de ses parents, mais il y a la technique et ça, ça s'apprend !
Il y a des professeurs qui vous ont marquée ?

Lydie Vareilhes : Parmi les professeurs les plus marquants, je pense à Nicole Cavallin qui m’a donné des bases solides et le placement de l’école française. Ensuite je pense à Madame Zumbo qui m’a beaucoup aidé pour la technique de batterie et de pirouettes.

Enfin il s’agit de plus tard dans le corps de ballet, mais j’ai une immense reconnaissance pour Jean-Guillaume Bart, qui m’a profondément aidée avec la construction de mon travail et la façon d’aborder le mouvement.

Par Steve Murez
Lydie Vareilhes
(Photographie : Steve Murez)

Marie : Vous aviez des modèles ? Dans les livres et au Théâtre ?

Lydie Vareilhes : J’ai été très marquée par l’Antigone d’Anouilh durant mon adolescence, j’admirais l’intransigeance, la ténacité, la pureté de cette héroïne. Plus tard, j’ai trouvé ce personnage beaucoup trop manichéen dans sa vision de la vie.

Marie : Et des danseurs et danseuses ?

Lydie Vareilhes : Il y en a tellement !

J’ai une grande admiration pour Ana Laguna qui a à la fois une grande force et une grande sensibilité.

Je suis une immense fan du danseur et chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui, sa façon de se mouvoir, la texture de ses mouvements et ses capacités physiques en font un danseur complètement unique!

J’aime beaucoup également Elena Fokina, danseuse chez Wim Vandekeybus, dont le petit gabarit angélique ne laisse pas soupçonner sa très grande puissance.

J’adore tous les danseurs du NDT [Nederlands Dans Theater], la maîtrise, la texture, l’amplitude et la virtuosité de leurs mouvements sont incroyables !!

Marie : Vous aviez vos parents danseurs à la maison et puis votre Petite mère et votre petit père à l’Opéra…
Ça, c'est une belle tradition de l'Ecole de Danse, n'est-ce pas ?

Lydie Vareilhes : Une petite mère a pour rôle de conseiller et d’épauler sa petite fille. Il s’agit d’une danseuse plus âgée choisie par l’élève.

Ma petite mère était Juliette Gernez et mon petit père Sébastien Bertaud.

Je suis maintenant petite mère à mon tour, j’ai plusieurs petites filles qui sont rentrées dans le corps de ballet, et une petite Maia qui est à l’Ecole de Danse.

Récit du Royaume des Songes
Lydie Vareilhes en Cygne Blanc, in Tchaïkovsky : Récit du Royaume des Songes - Chorégraphie de Josua Hoffalt
(Photographie : Julien Benhamou)

Marie : Vous êtes "montée" dans le Corps de Ballet.
Parce qu'il y a des grades, n'est-ce pas ? Et même, au siècle dernier, il y en avait plus encore : Premier et Deuxième Quadrille, Coryphée, Petits et Grand Sujet, Premiers Danseurs….

Lydie Vareilhes : Les grades pourraient s’apparenter à des classes à l’école scolaire sauf qu’on ne monte pas systématiquement en fonction des résultats, car suite à un concours il y a un classement et un nombre de places défini à l’avance, pour passer dans la classe supérieure.

Variation
Photographie : Isabelle Aubert

Marie : Dans tous les Corps de Ballet il y a des concours ?

Lydie Vareilhes : Il me semble que l’opéra est la seule compagnie à faire un concours, dans les autres compagnies les danseurs sont nommés par la direction sans concours ou examens, au vu du travail de l’année.

Marie : Ben alors, le concours, on pourrait le supprimer… Mais c’est une tradition de l’Opéra de Paris…

Lydie Vareilhes : Il a été question de supprimer ce concours, mais c’est une idée toute récente, les danseurs ressentent le besoin d’y réfléchir et de savoir quelle pourrait être l’alternative possible.

Marie : Quand on devient Sujet, on est toujours dans le Corps de Ballet ?

Lydie Vareilhes : Le Ballet de l’Opéra comprend le corps de ballet qui inclut les quadrilles, les coryphées et les sujets ; et les solistes à savoir les premiers danseurs et les étoiles.

Les ensembles sont exécutés par les quadrilles, les coryphées et les sujets. Ces derniers sont aussi amenés à danser des rôles de soliste, ce qui leur donne généralement l’appellation de « demi-solistes ».

André Auria
Lydie Vareilhes et Mathias Heymann in André Auria - chorégraphie d’Edouard Loch
(Photographies : Agathe Poupeney)

Marie : Vous avez déjà dansé des rôles de demi-soliste ou de soliste ? Et d’ailleurs, quelle est la différence : un demi-soliste, ce n’est pas un danseur ou une danseuse qui danse la moitié d’une variation quand même !

Lydie Vareilhes : J’ai effectivement dansé des rôles de demi-solistes, il s’agit de rôles en dehors du corps de ballet mais qui ne sont pas le rôle principal.

Marie : Et la saison prochaine, vous allez passer à nouveau le concours pour devenir Première Danseuse ?

Lydie Vareilhes : Oui je veux continuer d’évoluer dans ma danse et si possible dans la hiérarchie, puisque c’est ce qui permet d’accéder à plus de rôles, en particulier des rôles d’interprétation.

Marie : Vous avez un rôle, une variation préférés ?

Lydie Vareilhes : J’espère que mon rôle préféré sera celui que j’aurai dans une prochaine création … ;-)

Récit du Royaume des Songes
Lydie Vareilhes en Chatte Blanche Mistigri, in Tchaïkovsky : Récit du Royaume des Songes - Chorégraphie de Josua Hoffalt
(Photographie : Isabelle Aubert)

Marie : Vous avez sans doute rêvé de devenir Danseuse Etoile… Alors, quand je serai plus grande, peut-être aurez-vous réalisé ce rêve ! En attendant, je vous souhaite de beaux solos pour les toutes prochaines saisons !

Aurélie Dauvin © En ré Créations.

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